Enquête

Prof de séduction
interview de Stephane Penouel

La séductìon est un art qui se transmet: après avoir creé une école pour les hommes, Carlo Della Torre ouvre une classe pour les dames...
Au pays des charmeurs, on pouvait imaginer qu'il n'était nul besoin de tours pour séduire le sexe opposé.
Ce n'est pas du tout l'avis de Carlo Della Torre, sorte de Casanova contemporain qui cultive l'art de seduire depuis sa plus tendre jeunesse.
Les Transalpins ont, selon lui, besoin de prendre des leçons: "Il faut démistifìer l'image des Italiens rois de la drague. Ou ils importunent les femmes ou ils les achètent ou ils deviennènt leurs toutous! Rares sont ceux qui onf le courage de l'admettre... Parmi ces derniers, certains viennent à mes tours."
Des tours creés il y a quelques années et qui ont remporté un certain succès.
Carlo Della Torre a donc décidé d'ouvrir de nouvelles classes, à l'intention des dames cette fois.
Premier constat: les femmes abordent ces "études" avec nettement plus d'humilité que les hommes.
"Pour elles, il s'agit de quelque chose de naturel, camme d'aller chez le coiffeur. Les hommes, en revanche, se sentent atteints dans leur orgueil, car ils se considèrent, à tort, comme les meilleurs amants du monde", souligne Carlo.
Notre professeur en séduction, qui est par ailleurs diplomé en sciences politiques et s'occupe aussi d'import-export, détient un notable "tableau de chasse" et, en vertu de ce palmarès, il est selon lui "plus apte qu'une femme" à enseigner l'art de plaire à ses semblables.
"Riche de ma longue expérience personnelle et de celle de mes nombreux étudiants masculins, je sais exactement ce qui nous fait craquer et quels sont nos mécanismes mentaux".
Son premier tours destiné aux femmes dure dix semaines, à raison de trois heures de tours hebdomadaires, théoriques et pratiques (avec mannequins simulant les scènes!), et s'accompagne d'une leçon "démarche, look et maquillage" et d'une leçon de sexologie, assurées par des spécialistes. Le tout pour quelque 700 francs.
Principales motivations des étudiantes, agées de 23 à 60 ans et d'un niveau socia1 plutôt élevé? Elles n'apprécient pas forcément ceux qui les draguent et voudraient donc attirer ceux qui les intéressent.
Certaines veulent vaincre leur timidité, d'autres sont simplement curieuses, d'autres encore ne se sentent pas suffisamment appréciées.
Message visuel d'abord. "Quand une femme est vraiment laide, je lui dis franchement que je ne peux pas faire de miracles, l'aspect esthétique comptant beaucoup dans la société italienne. Mais elle peut toujours s'améliorer et vivre des relations plus équilibrées avec les garçons."
Le maitre s'attachera donc autant à motiver psychiquement son élève qu'à valoriser ses caractéristiques physiques.
"J'essaie de leur expliquer comment I'Italien raisonne, à quoi il est sensible, en fonction bien sur du type et de la situation."
N'empeche, une chose est sure: "La grande majorité des hommes est stimulée par des messages visuels. Il faut donc attirer leur attention. Les males italiens s'attachent surtout à l'aspect extérieur, ils sont fiers d'exhiber leur compagne devant les autres."
Selon Carlo, ils se subdivisent en trois catégories principales: les gambisti (amateurs de jambes), les tettisti (attirés par la poitrine) et les culisti (attirées par les fesses). "Pour leur plaire, il s'agit donc de valoriser l'un de ces attraits, car nous ne sommes pas globalement attirés par un individu, mais par une caractéristique particulière."
Carlo précise sa pensée: "L'homme doit être conquis d'emblée par la féminité, le sex-appeal. La rationalité n'a pas tours ici, une relation commence par attraction sexuelle.
A stimuler tout de suite donc, et sans tesse par la suite... si on veut garder sa conquete!
Une fois mariée, c'est un peu différent, encore qu'il faille à tout prix se garder de lui laisser croire que tout est joué, au contraire, il faut lui faire comprendre que l'on est précieuse et qu'il pourrait vous perdre". Autre conseil de Carlo pour faire craquer les hommes: "Céder relativement vite aux avances du monsieur convoité, puis se faire désirer en le fuyant. L'Italien n'est parait-il pas habitué à un te1 comportement. Ça le déstabilise, le rend fou, et il n'en est que plus attiré". "Un comportement qui marche à tous les coups et pas qu'avec des Italiens", précise le maitre.
"Lors qu'un gars vous plait, pas d'hésitations, montrez-le-lui sans équivoque, il ne perdra pas son temps camme avec les autres. Regardez-le intensément, soyez dirette ", explique très sérieusement Carlo.
Tout en ajoutant: "Ne donnez pas l'impression de vouloir le capturer, faites-lui seulement croire qu'il a été choisi parmi beaucoup d'autres prétendants, il sera très flatté!".
Oui, mais les femmes doivent souvent vaincre la peur du refus. "La timidité est une caractéristique de la féminité", déclare notre Casanova, qui aide ses étudiantes à l'exploiter, "car c'est une arme de séduction ", beaucoup d'hommes ayant un penchant protecteur.
Il faut toutefois que la femme I'avoue franchement, tette timidité, sous peine de la voir prise pour de l'indifférence...
Notre prof de séduction a des projets plein la tete: dispenser ses tours en accord avec Moica, l'association nationale des "femmes au foyer", association qui propose déjà plusieurs genres d'assistance à ses membres.
Les futures étudiantes seront donc des épouses désireuses de reconquérir leurs maris, des divorcées esseulées.
Le charmeur à aussi l'intention de proposer ses services à certaines chaines de villages touristiques.

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